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dimanche 19 juin 2016

Un peu de Bretagne à San Francisco

Après une incursion dans les habitudes culinaires locales, cette fois c'est sur une importation bien de chez nous qu'on va se pencher.

C'est au cours d'une balade gourmande à San Francisco il y a une dizaine de jours, avec un vent marin presque breton, que Groovy a découvert une affiche annonçant ce phénomène plutôt cocasse : aujourd'hui 20 juin, c'est ici la journée nationale du Kouign Amann!


C'est la boutique b. pâtisserie qui a lancé l'idée. Elle semble être la seule à participer à cette journée qu'elle a elle-même lancé (moui...).

Mais ça pourrait changer dans les années à venir : on a déjà repéré bon nombre d'autres boutiques qui vendent ce délice beurré, à San Francisco et ici dans la Valley. Et puis les américains adorent dédier chaque journée de l'année à un aliment  - par exemple, le 20 juin est aussi la journée nationale du milkshake vanille, et le 21 celle des peaches and cream - alors pourquoi pas officialiser cette journée du Kouign Amann??

(Notons d'ailleurs que le 24 janvier est la journée nationale du peanut butter... Presque à temps pour l'anniversaire de Groovy. Coïncidence? Nous ne croyons pas.)

(Vous serez aussi heureux d'apprendre que le 12 novembre est la journée nationale de la pizza avec tout dessus, sauf des anchois, et le 30 décembre la journée nationale du bicarbonate de soude.)



Niveau qualité, il y a évidemment à boire et à manger (ha ha)... mais certains se défendent bien : celui de b. patisserie...



... et celui de Mademoiselle Colette, pâtisserie française de Menlo Park, plus près de chez nous, qui importe son beurre salé.


Car évidemment, sans bon beurre, pas de bon Kouign Amann... et le beurre ici n'est pas souvent à la hauteur des beurres français et irlandais (Groovy en avait fait des tartines (hihi) ici même à notre arrivée à Cork).
Mais le beurre retrouve droit de cité ici depuis quelques temps - souvenons-nous de cette magnifique une du Time en 2014!


Pour en revenir à notre Kouign Amann, il est vendu ici en version individuelle et, sacrilège!, généralement parfumé. Voyez d'ailleurs tous les parfums proposés pour la journée nationale.


Bref, le Kouign Amann s'adapte ici à son environnement et se fait apprécier des foules multi culturelles du coin. Le Kouign Amann serait-il le nouveau macaron? Certes moins 'cute' mais bien meilleur - enfin ça c'est très personnel... Nous on vote pour!

Et vous, quel mets voudriez-vous célébrer au cours d'une journée nationale?

mardi 21 avril 2015

Où l'on se fait sonner les cloches

Depuis notre dégustation de Peanut Butter & Chocolate Chip Cookies, trois semaines ont passé et le printemps est enfin arrivé, brutalement, avec ce qui est vécu ici comme une quasi-canicule. On n'a pas encore dépassé les 20°C que les Corkiens sont déjà en tongs, bermudas et robes d'été, à siroter de fraîches bulles houblonnées en terrasse.

Visiteurs 10 et 11 sont venus profiter de ces premiers rayons de soleil et sont repartis.

Clover a abandonné les béquilles et gambade allègrement. On a d'ailleurs profité de quelques jours sans visiteurs pour aller jusqu'à l'Opéra de Cork pour s'instruire un peu avec la Traviata. Ca nous a bien sûr ébahi.

Visiteurs 12, 13, 14, 15 et 16 (si si) sont arrivés en force pour profiter aussi du soleil irlandais. Guinness a profité de la présence de ces petites et grandes personnes pour aller visiter avec eux la tour de Shandon, à une dizaine de minutes à pieds de la maison.

Shandon est un des vieux quartiers de Cork, en haut d'une colline - à côté du fameux Musée du Beurre et de l'ancienne Bourse au Beurre (je pense que vous avez maintenant bien compris que nous sommes dans le fief du beurre, depuis le temps...)

Au centre de ce vieux quartier, une église (what else?!), anglicane et datant du début du 18ème siècle, dont la tour est célèbre : pour les Corkiens, car c'est le symbole de la ville, mais aussi pour les touristes, car on peut y monter pour y sonner les cloches et admirer la ville du haut de ses 36 mètres.
Image empruntée à Wikipedia.com
Au premier étage, on découvre donc 8 cordes reliées aux 8 cloches installées deux étages au dessus. Ces cordes sont numérotées, ce qui permet de jouer des mélodies présentées sur des "partitions" à côté. Amazing Grace, Happy Birthday, Frêre Jacques, Fernando de Abba, ... Le choix est varié.
Chacune des petites personnes (Guinness incluse) a joyeusement tiré sur les cordes, créant une musique bien sonore, qu'on a dû entendre jusqu'au centre-ville.

On se coiffe ensuite de casques anti-bruit histoire de protéger nos tympans de la douce musique jouée par les visiteurs suivants, et on monte.

On découvre le mécanisme des quatre énormes horloges installées sur les quatre côtés de la tour. Elles sont connues sous le doux nom de "Four faced liar" - le menteur à quatre faces - car le vent peut faire bouger les aiguilles et créer la confusion en indiquant quatre horaires différents.

Ensuite, à l'étage supérieur, place aux cloches, qui font jusqu'à 1,5 tonnes. On peut les observer vibrer, c'est très impressionnant.

Dernière étape de la visite : pour atteindre le haut de la tour, on escalade, on se contorsionne et on passe par dessus des poutres suspendues dans le vide... Ah oui, avait-on précisé qu'il faut être assez athlétique pour cette visite?
La  vue vaut toute l'escalade faite jusque là!
La Bourse au Beurre
 

La géante brasserie Heineken, qui parfume le quartier
En redescendant, on fait un saut dans l'église pour voir à quoi elle ressemble... Eh bien c'est simple, elle ne ressemble à aucune autre! Rainbow flags à plusieurs endroits et manifestes d'accueil et d'ouverture affichés en grand à l'entrée, table de coloriage et bibliothèque pour les enfants qui s'ennuient pendant la messe, du jamais vu!
Bref, cette Shandon Tower est pleine de surprises et vaut le détour!

jeudi 26 mars 2015

Vous reprendrez bien un peu de beurre?

Vous savez peut-être à quel point on aime le beurre. Le matin sur du bon pain ou des scones, dans des gâteaux, ...
D'ailleurs, on vous a déjà copieusement dit ICI que le beurre irlandais est tout à fait excellent et que le beurre français n'a pas de quoi frimer.

Notre consommation de beurre ici est telle que nous avons décidé de noter le nombre de paquets de beurre achetés depuis notre arrivée, pour avoir une idée de notre consommation en 1 an. Information inutile, mais néanmoins rigolote.
Bon, d'accord, corrigeons : Guinness a décidé de noter, Clover préférant ignorer ce genre d'information!!

Alors, la devinette du jour est la suivante : saurez-vous deviner combien nous avons consommé de paquets de beurre de 454g depuis notre arrivée à Cork le 7 novembre?

Ceux qui trouvent auront droit à notre considération éternelle, voire même à une jolie carte postale arborant un Leprechaun et une pinte de Guinness, signée de nos plus beaux autographes. La classe, quoi.

vendredi 27 février 2015

Où l'on fait le plein de vitamines à l'irlandaise

C'est la fin de l'hiver, il fait gris, il fait moche, il pleut, on est fatigués, et à l'horizon, pas une seule lueur qui nous permettrait d'espérer que le printemps arrive prochainement.

Alors faute de pouvoir embarquer pour le soleil du Brésil ou autre, comme certain(e)s, on récupère les vitamines où l' on peut, en l'occurence aujourd'hui dans une recette bien irlando-britannique, j'ai nommé :

The Lemon Curd
(la crème prise au citron)

La Lemon Curd c'est bon sur du pain beurré (ce pain là, par exemple, si vous avez bien suivi!) , dans du yaourt, avec de la glace... Nous, c'est sur une panna cotta vanille qu'on va la déguster ce soir.

Pour réussir cette recette au mieux, on clique et on écoute The Lemon Song de Led Zeppelin , puis Lemon Tree de Fool's Garden.

On remonte les manches et c'est parti!

On prépare les 4 ingrédients :
-4 citrons
-4 oeufs
-200g de sucre (brun, de préférence)
-70g de beurre mou, doux ou salé, selon vos origines bretonnes, irlandaises, ou autre

(Si vous voulez en savoir plus sur le bon beurre irlandais, c'est ici)

On râpe le zeste d'un citron et on presse le jus des 4 citrons.
On met le sucre, les jus et le zeste dans un grand bol en verre ou en métal; on ajoute les oeufs et on bat tout ça allègrement.
On prépare un bain-marie : on met un fond d'eau dans une casserole plus petite que le bol et on porte à frémissement.
Quand ça frémit, on pose le bol sur la casserole. Ici, l'idée c'est que l'eau ne touche jamais le fond du bol pour que la cuisson soit douce - donc on laisse frémir gentiment, ça ne doit jamais bouillir.
Le mélange sucre/jus/oeufs va doucement épaissir. Ca peut prendre 15 à 20 minutes, mais pas d'inquiétude : il faut remuer au fouet de temps en temps pour que la cuisson soit uniforme mais ça permet aussi de faire la vaisselle, répondre à 1 ou 2 emails, changer la musique, répondre à un sms et boire un thé.

Quand le mélange a bien épaissi, on enlève le bol de la casserole. On laisse un peu refroidir, puis on ajoute le beurre mou au fouet pour bien l'incorporer.

Et voilà. C'est déjà fini.
On transfère dans des pots et quand tout est bien refroidi, on met tout ça au frigo.
La Lemon Curd se garde au frais une dizaine de jours.
La Lemon Curd se tranforme facilement en Orange Curd, Lime Curd ou Grapefruit Curd selon vos envies.



Bon appétit et bon week-end tout le monde!

jeudi 27 novembre 2014

Où l'on s'attaque enfin aux choses sérieuses.

Ca fait maintenant 3 semaines que nous sommes arrivés à Cork.
Clover se prépare à aller découvrir les pommes chinoises à Shanghai dans les semaines qui viennent.
Guinness se balade, découvre toujours plus de salons de thé et de pubs, et fait plein de sport et de yoga. Une petite routine pas désagréable ma foi.
On visite des appartements et on a hâte de s'installer chez nous pour les 12 prochains mois!

Tout ça c'est bien beau, me direz-vous, mais il y a quelque chose dont on n'a pas encore parlé, et qui pourtant est absolument véritablement essentiel et je ne sais pas comment on a pu passer 3 semaines entières sans vous en parler et je ne sais pas comment vous, vous avez survécu ces 3 dernières semaines sans qu'on vous parle de notre sujet préféré, ouh la la, quel suspense insoutenable.
Non, vous ne voyez toujours pas?
Mais il s'agit de THE FOOD of course!

Alors attaquons sans plus attendre.
Aujourd'hui, je vais vous parler du fameux Cork Butter Museum, autrement dit le Musée du Beurre de Cork, que nous avons visité au tout début de notre séjour.
Nous avons été surpris autant que vous devez l'être de découvrir l'existence d'un musée du beurre. A vrai dire, si ni la Bretagne, ni la Normandie n'en ont un, pourquoi Cork en aurait-il un?
Tout d'abord, le beurre irlandais est absolument excellent. Les vaches irlandaises se nourrissent de bonne herbe bien grasse dans tout le pays, grasse grâce à cette humidité météorologique incessante. Le taux de matière grasse est de 80% minimum, donc similaire à ce que l'on peut trouver en France (pour info, les 20% restant sont de l'eau, donc autant avoir le taux de matière grasse le plus élevé possible!). Pour le moment, faute d'avoir une cuisine digne de ce nom, Guinness n'a pas encore pu expérimenter avec ce bon beurre dans les pâtisseries mais ça ne saurait tarder.


Dès 1770, Cork abrite le "Cork Butter Exchange", autrement dit la Bourse au Beurre, qui dicte le prix du beurre dans tout le pays. La qualité du beurre y était contrôlée chaque jour, ce qui garantissait une certaine régularité dans la production de tous les petits crémiers de tout le pays. Le beurre de Cork était donc réputé pour sa qualité constante. Cork devient aussi le premier port d'exportation de beurre vers l'Europe, les Indes, l'Amérique du Nord, ce qui apporte une certaine prospérité agricole à la région. Le beurre était alors systématiquement salé, pour assurer une longue conservation, indispensable pour les longs trajets en bateau.
Avec l'accroissement de la demande et le développement de l'export, l'élevage et la production de beurre se sont modernisés; le beurre a donc tiré un grand nombre de petites exploitations familiales de la misère à une époque où la famine n'était jamais loin.
La marque de beurre irlandais la plus connue dans le monde est Kerrygold, créée en 1961, année de fondation de la coopérative nationale des produits létiers (Irish Dairy Board). Le beurre Kerrygold est exporté dans 80 pays. Il semblerait que ce soit le beurre de type européen (donc naturel et GRAS et donc bien) qu'on trouve le plus facilement aux Etats-Unis.
Ne me demandez pas pourquoi ça pèse 227g...

Retour au musée du beurre : on y apprend donc une partie de l'histoire d'Irlande à travers celle du beurre.

On voit des vidéos de vieilles dames irlandaises qu'on a du mal à comprendre, mais qui nous montrent comment faire du beurre, avec moultes prières et superstitions pour s'assurer le succès de la préparation. On y découvre les origines du beurre irlandais, signe extérieur de richesse, qu'on enterrait dans des récipients pour le conserver et le préserver des pillages réguliers de cette époque. On y découvre l'importance de la vache dans l'Irlande médiévale. On y découvre le rôle du beurre dans l'indépendance financière des femmes au XXème siècle - en effet, la fabrication du beurre a été jusqu'à récemment un travail de femme uniquement.
et on y voit plein d'objets liés à la fabrication et au transport du beurre.
Grande baratte à beurre


Petite baratte à beurre pour fabriquer son beurre à la maison
Battes pour malaxer et mouler le beurre

Bidons de transport de lait

Le beurre irlandais est excellent, la crème aussi - elle est à 40% de matière grasse, si ça parle à certains...  exquis! Le "Buttermilk", ou petit lait, est réputé aussi, et très utilisé dans les pains. Et le fromage irlandais est une sérieuse compétition pour nos 365 fromages français - on en reparlera!

Pour les amateurs de beurre, la fameuse (et quasi-unique) école de cuisine irlandaise Ballymaloe, à 50 minutes de Cork, propose un cours pour apprendre à faire beurre, yaourt et fromage - il y a même la possibilité d'arriver tôt le matin pour traire les vaches, afin d'avoir une approche globale de la fabrication de ces nobles mets! Je me demande si je ne vais pas aller y faire un tour, moi...

Je m'excuse pour la longueur de cet article, mais c'est un sujet qui m'inspire beaucoup ;)


lundi 10 novembre 2014

Cork, nous voilà!

Histoire de faire mentir les mauvaises langues, Cork nous a accueilli vendredi après-midi sous un grand soleil.
Ce premier week-end irlandais nous a permis de prendre possession de notre (gigantesque) appartement temporaire, un penthouse en plein centre ville, et de découvrir les alentours.

Le salon -salle à manger - cuisine

Vue de la terrasse 1

Vue de la terrasse 2




On a découvert le délicieux et copieux Irish Breakfast samedi matin : beans, oeuf au plat, boudin noir, saucisse, pain... De quoi tenir une bonne journée sous la pluie!

 On s'est baladé jusqu'au futur boulot de C., au milieu des champs sur une colline!



 Et on est redescendus dans le centre-ville :

On a rempli les placards et le frigo pour survivre aux rudesses du climat
Le Irish Soda Bread avec plein de noix et fruits secs, pour un petit déj de champion!

Indispensable, pour se réchauffer les petons après la pluie

Une très bonne Irish Pale Ale

Euh, non, ça on ne l'a pas acheté en fait


On est allés au Cork Butter Museum (si si, vous avez bien lu, il y a un musée du beurre...), mais ça on en reparlera!


Et ce matin, C. a pris le chemin du boulot!
       
                                                                               Suite au prochain épisode....